Elle m’a prêté sa Corse
Comme on prête une poupée
Elle a soulevé les petits pans sans ourlets,
M’a dit de m’agenouiller

Elle m’a regardée regarder.
Elle se nourrit comme ça
De nos sourires ébahis
Et de nos vertiges muets.
Elle a récolté mon bonheur
Elle a trié mes joies.
Elle en a fait un chapelet
Avec le myrte et la népita.
Je lui ai rendu sa Corse.
Son maquis, sa mer
J’ai enfoui une blessure
Et volé un galet
À force de lui dire merci
J’ai oublié de la remercier.
Pour tout le reste
Et pour mon collier
